Création - Saison 2020-2021 - Théâtre

Phèdre

jeudi 19 novembre 2020 à 20h30 au Théâtre Christiane Stroë
(séance scolaire à 14h, ouverte aux inscriptions pour les lycéens)

Compagnie Plus d’une voix / Hélène LACOSTE

théâtre musical

La compagnie alsacienne Plus d’une voix est accueillie à Bouxwiller pour ce percutant classique du répertoire théâtral tragique, qui résonne encore en nous aujourd’hui dans cette mise en scène audacieuse.

« Phèdre évoque la violence du désir impossible, un monde patriarcal qui vole en éclats, le rêve d’une nature où se lover. Sénèque explore des abîmes sans fond qui ne finissent pas de nous refléter. Guitare, batterie, basse, les instruments fusionnent pour appuyer les voix, les contraindre à parler, à dire l’indicible, l’Homme et ce qui l’inquiète: cette force sauvage qui agit en lui. La violence de Phèdre n’est pas extérieure mais intérieure. Chacun des personnages est immense, redoutable, troublant tant il nous ressemble, comme une version radicale d’une humanité qui devrait se taire et qui pourtant, nous parle. »

Mise en scène : Serge LIPSZYC
Création lumières : Jean-Louis MARTINEAU
Phèdre : Fiona CHAUDON
Hippolyte et Thésée : Serge LIPSZYC
OEnone et le messager : Hélène LACOSTE
Création musicale, chœur : Jean-Christophe LAUTH
Texte original : Sénèque
Traduction : Florence DUPONT, Acte Sud

Durée : 1h15
Tout public à partir de 14 ans.

Compagnie Plus d’une voix, Soutiens de la DRAC Grand Est, Région Grand Est, Ville de Strasbourg, Département du Bas-Rhin, Spedidam

En savoir plus, extrait choisi du dossier de présentation :

Phèdre ou la fureur inchangée des hommes
« Sénèque est un dramaturge puissant, vigoureux, passionné. Son intelligence résonne à nos oreilles. La traductrice, Florence Dupont, a restitué l’éclat et la force du texte original.

Sans vouloir délivrer un message, Sénèque se fait l’écho de son temps, qui semble être toujours le nôtre.
Son travail est de creuser les profondeurs humaines pour en révéler les passions, les espoirs furieux et les débordements incontrôlables.

Il donne à ce fait divers mythologique – le désir d’une femme pour son beau-fils- une langue et une ampleur si dense qu’elle nous touche encore aujourd’hui.

Dans sa mise en scène, Serge Lipszyc propose un parti pris radical, des mouvements réduits à quelques trajectoires minimales. L’attention est toute entière donnée au fait de porter le texte dans sa voix, à la façon d’un opéra lyrique. La mise en musique prend une place essentielle, la présence est d’abord sonore. Il s’agit de faire entendre ce que Sénèque nous dit aujourd’hui des profondeurs de l’Homme, de sa propension à l’autodestruction, à la démesure, à l’excès qui le porte à détruire la maison même qui l’a vue naître.
La scénographie est portée par une mise en lumière extrêmement précise, permettant de découper un visage, une voix, de montrer l’Homme dans ses disproportions, sa présence tantôt spectrale tantôt animale. Les «monstres» de Sénèque ne sont autres que les profondeurs des Hommes. »