Création - Saison 2017-2018 - Théâtre - Théâtre du Marché aux Grains

Kanak : doc. en vrac

les mardi 13, jeudi 15 et vendredi 16 mars 2018 à 20h30 au Théâtre Christiane Stroë
Séances scolaires jeudi 15 et vendredi 16 mars à 14h

Théâtre du Marché aux Grains / Pierre DIEPENDAËLE
d’après Les Canaques de Nicole VEDRÈS

théâtre documentaire

LE PRÉSENT
INTERROGE
LE PASSÉ
POUR PENSER
LE FUTUR

En novembre 2018, au terme des vingt années du processus de décolonisation progressif de l’Accord de Nouméa (1998), les Calédoniens seront appelés à se prononcer pour ou contre l’indépendance par un référendum d’auto-détermination.

Pierre DIEPENDAËLE s’est rendu en décembre 2016 dans l’Archipel, aux antipodes.
Il en est revenu avec, dans les bagages du vent, le jeu exposé d’un spectacle sans marque, sans emballage.

Kanak doc. en vrac livre ses recherches documentaires, ses rencontres humaines et quelques trouvailles poétiques sur la question kanak.
Pas une conférence, mais une forme de « théâtre documentaire » : histoires, poèmes, images, cartes, photographies, sons et musiques, objets…

Manière de poursuivre le projet fou de réaliser la pièce de Nicole VEDRÈS, Les Canaques. Multiples et tellement actuels sont les thèmes explorés là : thèmes noués à la question de l’Autre et de l’Ailleurs, aux questions de nous-mêmes et des autres.

« Autres temps, autres lieux, autres mœurs ! » dit-on… l’Histoire, les histoires, celles de ces « peuples sans écriture », de ces « peuples nus » dont on a osé prétendre  que « leur défi, c’est d’entrer davantage dans l’histoire ».

KANAK :
DOC. EN VRAC

• Vrac : c’est le mode de production d’un produit non conditionné, sans marque ; « vrac » désigne aussi la marchandise qui n’est pas emballée lors de son transport ou de sa distribution.

« Oui, nous dit Nicole VEDRÈS, j’aurais aimé donner déjà le Vrac aux comédiens, à celui qui aurait mené leur troupe… J’ai bien vu que pour écrire une pièce il ne faut pas lâcher, fût-ce d’une seconde, ce fil à l’extrême tendu entre nous et ce monde en projet, ces gens, leur visible décor, et même leur au-delà, leur en deçà de la scène. Il faut, durant le temps qu’on invente ces actes, n’être responsable de rien que d’eux, qui ne sont même pas nous. »

• Doc. : c’est l’abréviation pour documentation ou pour document.
« Tu as une doc. sur la question ? »

• Kanak : c’est le nom, invariable, dans lequel se reconnaît aujourd’hui le peuple mélanésien en Nouvelle-Calédonie, le « Caillou » : une tradition, une coutume, une culture…
… et un avenir …

UN PROJET
QUI TÉMOIGNE
DE L’HISTOIRE

« Devoir de mémoire, devoir de justice ! Il s’agit là d’un autre sens du mot histoire, non plus histoire des choses faites, mais histoire en cours ; celle des acteurs, autrement dit celle qui a un futur.

Il est important de replacer l’histoire dans celle que l’on vit, qui se fait et qui a un futur, autrement dit de se replacer dans celle des protagonistes qui, eux, avaient un futur, de se remettre dans la situation d’incertitude où ils étaient lorsqu’ils attendaient, craignaient, espéraient et, en tout cas, ignoraient ce qui viendrait après.

Il se pourrait que la mémoire reprenne ainsi le pas sur l’histoire. Car la mémoire est toujours la mémoire de quelqu’un qui a des projets. […] C’est la mémoire qui a du futur tandis que l’histoire interprète une tranche du passé dont elle oublie qu’elle a eu un futur.

Car les gens du passé avaient des espérances et des projets dont beaucoup ont été déçus ; nombre de nos utopies seraient vides si on ne pouvait les remplir avec des promesses non tenues, empêchées ou détruites, des gens du passé. »

Paul RICŒUR, La mémoire, l’histoire et l’oubli. éd. Seuil,
L’ordre philosophique.

KANAK
ÇA SIGNIFIE, ÇA VEUT DIRE 
HOMME
PERSONNE VIVANTE

 

conception, jeu : Pierre DIEPENDAËLE
technique – son : Olivier MEYER
œil extérieur : Louis ZIEGLER