Journal de bord - Saison 2020-2021 - Théâtre du Marché aux Grains

Journal de bord #14

Lundi 29 mars 2021.

La semaine passée était celle des retrouvailles pour l’équipe du Théâtre, après deux semaines sans Vidal et Mag, occupés par la prochaine création de KiloHertZ, NARR : pour entrer dans la nuit. Chacun des membres de l’équipe revient sur une quinzaine riche en mobilisation, questionnements, tri et gloutonnerie… 

Vidal échafaude et s’interroge :

Après 15 jours passés à travailler à ce qui est le cœur de mon métier (fabriquer des spectacles), le retour à la réalité du flou quotidien n’est pas simple. J’observe la montée en force des occupations de théâtres, je m’associe aux revendications, quand elles ont la volonté de porter un engagement au-delà du seul monde de la culture et qu’elles nous interrogent plus globalement sur la situation sociale de notre pays.
J’essaie, tant bien que mal et avec toute l’équipe, d’imaginer ce que pourrait être une saison 2021-2022 en tentant de combiner reports et envies nouvelles, présence des artistes dans le territoire et liens le plus direct possible avec le public.
Les effets à moyen et long termes de cette crise sanitaire commencent à pointer concrètement le bout de leur nez. Comment faire pour être dans l’action, et pas simplement dans la ré-action ?
L’envie (salutaire) et le besoin (nécessaire) de voir les théâtres ouvrir à nouveau ne nous empêchent-ils pas de penser/agir ce que pourraient être, dès demain, des manières de développer nos pratiques artistiques et culturelles en résonance avec l’avancement du monde ?
Allez, on met nos pensées dans nos poches, et on y va.

Olivier prend les habits d’archéologue :

Nouvelle étape d’un possible réaménagement du lieu de stockage du théâtre, aussi appelé « La Gendarmerie ». Avec Thomas et Rémi, nous procédons à un rapide état des lieux. La poussière omniprésente. Les espaces encombrés. Des chats de passage ont aussi laissé quelques souvenirs saisissants. On prend très vite la mesure des travaux qui nous attendent. Quarante ans de l’histoire d’un théâtre nous regardent. Le lieu, et son désordre apparent, est pourtant une étonnante madeleine de Proust. Les matériaux composites, qui nous entourent, sont liés à presque autant de souvenirs. Les accessoires de « Troïlus et Cressida » me rappellent aussi que j’ai rejoint l’aventure du Théâtre du Marché aux Grains il y a bientôt vingt ans. Un sacerdoce. Humeur musicale : Brian Eno & David Byrne « My life in the Bush of Ghots »

Julie se passionne du sens des mots :

Cette semaine, en réunion d’équipe, on s’est interrogé collectivement sur le sens de trois mots approchants, « instruire », « éduquer », et « transmettre ». Intéressant de voir ce que chacun met derrière ces termes ou on comment on les réfléchit. Intéressantes aussi toutes les questions qui s’ensuivent : Quel est le rôle de l’artiste dans des parcours de pratique artistique ? Quel est celui de l’enseignant ? Des parents ? Quelle est la culture ou l’art que l’on veut/peut transmettre ? Éduque-t-on à la culture ou aux arts ? Comment sortir de la « culture légitime » ? Gros chantier de réflexion

Sylvie écrit des fables :

Histoire vraie.

Un petit écureuil sur la route devant moi péniblement courait.
D’un coup, sans crier gare, au milieu de la chaussée, il s’effondrait !
Non, il ne peut pas finir ainsi !
J’ai vu ses joues énormes, par trop de provisions distendues,
De l’animal, leur poids trop important a eu raison.
Soudain, la petite bête s’est relevée et courageusement s’en est allée,Parions que de sa grosse récolte elle s’est régalée.
Comme ce petit écureuil, souvent nous croulons sous la tâche, qui insurmontable nous paraît.
Et pourtant, comme lui, nous nous relevons,
Et tous nos beaux projets, avec courage et obstination, nous réalisons.

Pacôme suit le chemin de l’écureuil-glouton :

J’étais content car Cloé a ramené des viennoiseries à une réunion, et comme Julie et Sylvie n’en ont pas pris, j’ai pu en manger assez.
Humeur musicale : Le coucou de Chantal GOYA.

Et Cloé écoute des filles :

PJ Harvey pour la niaque,
Patti Smith pour la poésie
Lou Doillon pour la douceur
Izïa pour la French touch

La musique sauve de la morosité ambiante.

À très bientôt.
L’équipe du Théâtre du Marché aux Grains

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